Vous connaissez tous les propositions de Jacques Attali (le Grand Yaka, l'homme qui murmure à l'oreille de Sarko) : "Yaka libéraliser les taxis,
les pharmacies et les notaires, yaka ouvrir les hypermarchés le dimanche, yaka etc. Etc...". Racaille en avait parlé dans "Commission Attali : mais où est donc passée l'Assemblée Nationale".
Eh bien les députés croupions de l'UMP en ont marre d'être considérés comme des pions, et ils se rebiffent. J'avais pris date en disant "On verra bien comment
va se comporter l'Assemblée Nationale" car j'étais à peu près certain de leur réaction, qui est légitime. Rappelons qu'il n'y a pas un seul parlementaire dans la commission...
Résumé de la grande partie d'échecs de la droite.
Les propositions libéralistes d'Attali arrivent pile poil au moment où l'opinion se détourne de la droite.
Le premier à râler est le sénateur-maire de Marseille, lou Ravi Gaudin, qui a dit qu'il était opposé à la réforme des taxis et qu'il ferait tout
pour qu'elle ne soit pas appliquée. Il y a eu une bronca des députés de l'UMP. Lorsque Claude Goasguen a rappelé que les élus du peuple étaient là pour proposer et voter les réformes touchant à
la vie des Français, voici quelle a été la réaction d'Attali :
Lorsque Claude Goasguen a osé critiquer publiquement "la République des experts", rappelant benoîtement que c’est -peut-être?- le travail des élus du peuple de proposer et d’avaliser les réformes touchant la vie des Français, ce pauvre député (UMP!) s’est entendu proposer par Jacques Attali d’aller traîner ses godillots dans la gadoue de "la République des imbéciles""
(Source : rue89)
Quand je vous dis qu'ils sont antiparlementaristes, ces gens-là !
Attali, qui n'a jambe eu l'idée, au demeurant excellente, d'aller se frotter au suffrage universel, a été accueilli très froidement par les députés UMP alors que Goasguen a été accueilli aux cris
de "Nous sommes tous les Goasguen". J'ai déjà mentionné les critiques de l'ancien premier ministre Raffarin devant le rapport Attali, ainsi que la réponse insultante du même Attali (voir
"Attali fonce bille en tête contre tous ceux qui critiquent son rapport").
Copé en profite pour rappeler les effets négatifs des audaces libéralistes sur les législatives, et l'UMP estime que ce n'est pas le moment d'agir
ainsi au risque de soulever une forte opposition voire un tollé du peuple français au moment des municipales.
Finalement, c'est Sarko qui est plus ou moins remis en cause, puisqu'il a dit qu'il appliquerait la plupart des propositions de la commission Attali. Du coup,
c'est l'UMP qui se détourne peu à peu du président.
Tant que Sarko caracolait dans les sondages, ces petits messieurs de l'UMP pouvaient se permettre d'être arrogants. A l'heure où les sondages annoncent un
recul de l'UMP à Lyon, Dijon, Lille, sans doute Toulouse et Marseille, ils la ramènent moins et se détournent peu à peu de leur Mentor, le ventilateur en chef, à savoir Sarkozy.
Le journal LIbération a noté un absentéisme accru des députés UMP lors des réunions de groupe hebdomadaires (lire ici). Accoyer, le président de l'Assemblée, a rappelé ce que disait Goasguen, à savoir que les députés ont leur mot à dire sur le
rapport Attali (n'en déplaise au Grand Yaka) et une députée, Chantal Brunet prévoit des temps difficiles dans les relations avec le gouvernement tant les relations sont détériorées.
Du coup, face à l'adversité, la droite a le réflexe de retourner aux bonnes vieilles conceptions étatistes et interventionnistes : c'est Sarko qui veut virer
le pédégé de la Société Générale, ou encore Fillon qui prône l'intervention de l'état si la Générale était victime de raids boursiers. Copé voudrait que les traders soient l'objet de suivis
psychologiques. Et pourquoi pas les députés de l'UMP, victimes de pressions psychologiques insupportables, tant que nous y sommes ?
Bilan politique de 8 mois de Sarko : il est en chute libre dans les sondages : cela nous a été confirmé hier. Il en appelle à une personnalité extérieure pour
lui faire des propositions (plus ou moins honnêtes) mais les députés UMP sont contre et les relations avec le gouvernement sont mauvaises. Face au libéralisme du Grand Yaka, la droite choisit le
repli vers des valeurs étatistes.
Bref ils ne savent plus trop où ils en sont. Maintenant s'ils se mettent à jouer aux échecs en jouant
« perdant », c’est tant mieux pour nous.
© Racaille-du-69 (Hesbée)
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